miércoles, 1 de diciembre de 2010

La plus-value d'un enseignement de la DNL en langue étrangère vue du coté de la didactique des langues étrageres (I)

Dans le domaine de l’enseignement bilingue, nous disposons, depuis quelques années, de nombreuses expériences et un grand nombre de projets ont été formalisés et évalués. Au regard de cette documentation riche et importante, une question s’impose: les élèves qui bénéficient d’enseignement bilingue, apprennent-ils d’une manière différente, apprennent-ils mieux et davantage que dans le cadre un enseignement classique? Il semble évident que l’enseignement d’une discipline non linguistique en langue étrangère appelle la mise en place de nouvelles compétences, mais est-il possible de les acquérir tout en s’appropriant les contenus disciplinaires dans la langue étrangère? Tout en visant à la fois des objectifs d’apprentissage linguistiques et non linguistiques, est-il possible d’obtenir un enseignement plus efficace? L’étude et la mise en cohérence du processus d’apprentissage linguistique et de la transmission des contenus disciplinaires sont les conditions nécessaires pour que cet effet de synergie se réalise. L’article suivant tente, sous forme de questionnement, de présenter quelques pistes et idées pour l’apprentissage d’une discipline non linguistique en langue étrangère.

(Source: MoBiDiC, Module einer bilingualen Didaktik und Methodik des Sachfachunterrichts)

I Intérêt de la DNL pour l’enseignement d’une langue vivante

Pour quelles raisons un enseignant de LV peut-il s’intéresser à l’enseignement de la DNL en LV? Augmenter le nombre d’heures d’enseignement de la langue étrangère? Favoriser un entraînement linguistique intensif? Ou, plus généralement, valoriser l’enseignement des langues vivantes? L’enseignement linguistique à lui seul ne peut résoudre cette problématique.

L’enseignement traditionnel des langues vivantes comprend pour l’essentiel deux dimensions:

1. La connaissance du fonctionnement de la langue et du système et des règles linguistiques

2. Le développement de compétences communicatives

La mise en place de ces compétences ne peut devenir effective que si une troisième dimension est prise en considération: la dimension du contexte socioculturel dans le quel la langue est enracinée. Et ce n’est pas l’enseignement de la civilisation, au sens traditionnel, qui pourra le remplacer puisque l’enseignement de la civilisation ne vise qu’à transmettre des savoirs encyclopédiques sur les pays des langues étrangères en question. Mais l’objectif visé dans la situation présente est de développer des capacités procédurales: savoir percevoir ce qui est «étranger», savoir percevoir la différence et la reconnaître comme un enrichissement, en même temps que l’on prendra conscience de ses propres représentations; l’enseignement bilingue pourrait fournir en quelque sorte les lunettes à trois dimensions qui permettent de rendre visible et compréhensible la reconnaissance de certains phénomènes.

Prenons, pour illustrer ces propos, un exemple de la période de la guerre froide. A cette époque, lorsque la jeune république démocratique allemande devait ériger des monuments d’art socialiste, les allemands avaient sensiblement irrité leur grand frère soviétique. En effet, malgré tous les efforts sincères des artistes de la RDA pour créer des images héroïques du socialisme, ils ne récoltaient que des signes de désapprobation de la part de leurs camarades russes. Pourquoi? Leur erreur était de rester enracinés dans la tradition de la culture iconographique occidentale. On avait bien sûr représenté les héros dans la pose du vainqueur, mais on avait montré les blessures du combat et de l’échec, il s’agissait donc «d’hommes de douleur» sécularisés; par contre, les héros soviétiques relèvent d’une autre culture iconographique: ils s’inscrivent dans la tradition du Pantocrator, du Tout Puissant qui n’est marqué ni par la douleur ni par la souffrance. Lorsqu’un socialiste russe parle de héros et d’héroïsme, il se représente autre chose que son camarade allemand. Les représentations divergentes dans l’imaginaire des artistes d’inspiration socialiste n’ont jamais été interrogées, ni confrontées ou formalisées. Les deux parties ne se sont pas rendu compte qu’elles avaient, chacune de leur côté, puisé leurs images dans un patrimoine culturel commun d’avant, avant l’ère du socialisme.

Transposé à l’enseignement de la DNL arts plastiques en LV cela voudrait dire qu’on s’interroge en LV sur les formes de représentations traditionnelles et qu’on les confronte avec les expériences dans sa propre culture. L’enseignement bilingue peut donc contribuer à anticiper des situations conflictuelles ou à désamorcer des conflits latents. Cependant, lorsqu’on observe la réalité de l’enseignement bilingue, on n’a pas forcément l’impression que la transmission des contenus de la DNL suit ce raisonnement. Que l’on s’interroge sur la forme et le contenu, ou sur l’apprentissage de la LV, cela permet d’ouvrir une nouvelle dimension; dans la plupart des cas, on assiste à un enseignement en langue étrangère (c.à.d. une seule langue est employée), la LV a la fonction de langue véhiculaire ou langue de travail. Dans un certain nombre de pays d’Afrique du Nord, en second cycle, l’enseignement des sciences se fait en langue étrangère. Fidèles aux techniques d’apprentissage de l’école coranique, les élèves répètent en choeur et apprennent les formules par coeur. Ils utilisent la langue comme une blouse de travail qu’on revêt pour les expérimentations scientifiques et qu’on laisse à l’école après les cours.

Louis-Jean Calvet a fait des observations similaires sur l’utilisation de la langue anglaise dans le cadre des travaux à l’Onu ou à la commission européenne. (Le marché aux langues. Les effets linguistiques de la mondialisation, Paris 2002). Dans les institutions internationales, l’anglais a une fonction similaire à celle du latin dans l’église catholique. C’est la langue des fonctionnaires initiés qui permet d’ignorer le pluralisme national et culturel. Il est évident, de cette manière, on ne règle pas les conflits, mais on les tait. L’intérêt d’enseigner une DNL en langue étrangère ne veut pas dire utiliser la LV comme langue véhiculaire pour transmettre des contenus, sans réfléchir au sens profond de la forme linguistique et à l’adéquation de la forme et de son contenu. Les langues étrangères dans l’enseignement de la DNL devraient plutôt prendre en charge la fonction de catalyseurs.

2 comentarios:

  1. J´ai trouvé ce site qui peut être utile:

    http://www.lepointdufle.net/

    Le point du FLE: Français langue étrangère
    Les portails de référence et quelques sites ludiques pour apprendre et enseigner le français langue étrangère et seconde.

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  2. http://fleneso.blogspot.com/

    une autre site très interesante pour nous. ;)

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